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Pour une école de la culture, contre l'inquisition pédagogiste - un blog de Michel Renard

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Pour une école de la culture, contre l'inquisition pédagogiste - un blog de Michel Renard
  • défense de l'école des savoirs et de la culture, pour que l'école instruise vraiment les enfants des milieux populaires non favorisés culturellement, contre les destructeurs de l'école (libéraux, pédagogistes, démagogues...)
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12 mai 2006

Peut-on encore "Sauver les Lettres" ? (Elisabeth Seillier Hosotte)

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le monde d'Aldous Huxley est déjà là...


Peut-on encore "Sauver les Lettres" ?


Malheureusement, le cri d'alarme lancé par la Présidente du CNGA dans son éditorial de rentrée intitulé "La seconde mort du français" n'était pas cri isolé. En septembre 2001 également, les éditions Textuel, dans leur collection "Conversation pour demain", ont publié un entretien de Philippe Petit, le directeur de la collection, avec des professeurs membres du collectif "Sauver les Lettres". L'ouvrage s'intitule également Sauver les Lettres, il est sous titré "Des professeurs accusent".

Car il y a péril, et beaucoup d'entre nous s'en doutent depuis longtemps : ceux qui s'inquiètent, par exemple, de la place de plus en plus importante qu'occupent dans les manuels de français et dans les sujets d'examens articles de journaux, témoignages, autant de "documents" qui ne sont littéraires ni par le fond, ni par le forme ; ceux qui s'étonnent de l'obligation faite aux professeurs de Lettres d'analyser des images, des films, comme si la littérature ne pouvait constituer à elle seule un objet d'étude suffisant ; ceux que continue de laisser perplexes le premier sujet du baccalauréat de français, notoirement présenté, quand il fut introduit, comme destiné aux élèves non littéraires et censé les intéresser davantage, par les problèmesbalzac3sm "sociétaux" qu'il posait, que le récit des premiers pas d'un héros balzacien dans le Paris, bien trop éloigné d'eux, de la première moitié du XIXe siècle �

Et que dire de la nouvelle épreuve de français du baccalauréat dont les "annales zéro" nous sont parvenues alors que le premier trimestre de cette année scolaire était bien entamé ? Le genre romanesque y semble peu en faveur ; en revanche, le "biographique" continue d�être à la mode, ainsi que les notions de "convaincre, persuader, délibérer", associées de manière récurrente aux "objets d'étude" que sont "poésie" et "théâtre". Est-on en droit de se demander pourquoi deux aspects de la littérature, l'écriture de soi, confidence, lyrisme, ou l'exercice rhétorique de la persuasion  semblent devenus des objets d'enseignement privilégiés ? Est-ce mauvaise foi que de soupçonner, à l'heure où "c'est mon choix" et "débat citoyen" sont de rigueur, une instrumentalisation de l'enseignement de la littérature ? Il est vrai que l'Avertissement placé en tête des "annales zéro" précise que "les sujets proposés (�) ne constituent pas une liste fermée de ( �) possibilités", mais �

 

Dans leur premier chapitre, "La prise du pouvoir des ultraréformistes et des ultrapédagogistes", les auteurs de Sauver les Lettres expliquent comment, par un mélange de générosité naïve, de culte de l'immédiat et de la facilité, voire de haine à l'égard d'une discipline considérée comme apanage de privilégiés, on a presque réduit à néant l'enseignement des Lettres, devenu apprentissage d'un "savoir communiquer". La démonstration paraît, hélas, difficilement réfutable aux professeurs de Lettres qui ont vu passer quelques réformes et ont lu leurs documents d'accompagnement. Mais le pire est sans doute à venir : on a, en effet, tout lieu de craindre que la seule mission désormais assignée à l'enseignement de la littérature soit de contribuer à cette formation du "citoyen" qui semble aujourd'hui la première tâche de l'Ecole.

En page 75, l'ouvrage cite un passage du dernier rapport du jury de CAPES , lequel félicite une candidate d'avoir, en expliquant La Cigale et la Fourmi, "privilégié la dimension axiologique (�) pour construire son étude à partir d'une triple dimension de la citoyenneté" � La même fable, associée à deux autres, de Anouilh et de Svevo, est du reste proposée par les "annales zéro" des séries technologiques (p.17-18) dans un "corpus" destiné à faire étudier par le candidat "convaincre, persuader et délibérer". L'anecdote peut ici résumer ce qu'argumente, de façon malheureusement convaincante, Sauver les Lettres : le rôle du professeur de Lettres risque fort, si nous ne réagissons pas de toute urgence, de devenirmeilleurdesmondes contribution à la fabrication de citoyens ressemblant à ceux du Meilleur des Mondes imaginé par Huxley, dociles consommateurs dans une société sans violence, parce que sans contestation ni esprit critique.

Sauver les Lettres s'adresse donc à tous les professeurs de Lettres que préoccupe l'avenir de leur discipline, mais aussi à leurs collègues, car, outre la littérature, c'est la Philosophie, c'est l'Histoire qui sont menacées d'être mises au service d'une idéologie dominante. De plus, comme l'ouvrage envisage, comme il se doit, l'enseignement des Lettres en relation avec le public scolaire, avec le fonctionnement de l'école et ses rapports avec la société, sa lecture intéressera non seulement tous les professeurs, quelle que soit la discipline qu'ils enseignent, mais aussi les parents, et plus largement tous ceux qui se soucient de la formation des enfants et des adolescents, c'est-à-dire de la France de demain .

D'autant qu'en une remarquable postface, Danielle Sallenave, rassemblant les éléments exposés par Sauver les Lettres, met magistralement en lumière comment l'Ecole de ces deux ou trois dernières décennies a préparé, accompagné, justifié la société que nous construit, avec la complicité plus ou moins consciente des politiques et le soutien actif des médias, la "barbarie douce" du nouvel ordre économique mondial .

Elisabeth Seillier Hosotte

source de ce texte : cnga

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Éditions Textuel, 2001
Collection "Conversations pour demain", N°20.

Sauver les lettres
Des professeurs accusent

Sauver les lettres, le collectif
Entretien avec Philippe Petit
Postface de Danièle Sallenave

Genre : Education
144 pages, 95 F/14, 48 euros
Broché, format : 113 x 210 mm
ISBN : 2-84597-029-3

 

Présentation de l'éditeur
Face à la montée de l'illettrisme et au dénigrement de l'enseignement des lettres dans le secondaire, la parole est donnée aux enseignants de terrain. Dans cet entretien, à partir de leur expérience quotidienne, des professeurs du secondaire veulent montrer précisément à tous en quoi les querelles sur les méthodes d'enseignement et les contenus des programmes de français recèlent des enjeux fodamentaux, philosophiques et politiques.

Quatrième de couverture
Confronté à la montée de l'illettrisme, dévoyé en «discipline carrefour» par les dernières réformes, l'enseignement des lettres dans le secondaire est à la croisée des chemins. Trente ans de réformes ont fait qu'une dictée du nouveau brevet des collèges 2000 ne compte plus que 60 mots et qu'il s'en est fallu de peu que la dissertation ne soit remplacée par une rédaction au baccalauréat.

Dans cet entretien, à partir de leur expérience quotidienne, des professeurs du secondaire veulent montrer précisément à tous en quoi tes querelles sur les méthodes d'enseignement et les contenus des programmes de français recèlent des enjeux fondamentaux, philosophiques et politiques.


 

 

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12 mai 2006

Le Collectif "Sauver les Lettres"


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le film Être et avoir (2002)


Le Collectif "Sauver les Lettres"


"Sauver Les Lettres", collectif de professeurs d'abord en révolte contre la réforme Allègre, a depuis mars 2000 combattu les politiques Lang, Ferry et Fillon qui n'ont fait que la prolonger.

Ce collectif refuse la disparition de l'éveil à la pensée critique, et en particulier celle de l'étude des lettres comme discipline à part entière.
Dans le même sens, il combat plus globalement la dérive de l'enseignement induite par un constructivisme dominateur, pédagogie érigée en dogme par la loi Jospin de 1989, qui laisse à l'élève le soin d'"acquérir un savoir... par sa propre activité". Relayée par le libéralisme contemporain, cette dérive aboutit à la dégradation des programmes, à la réduction instrumentale des matières enseignées ou à leur éradication en tant que disciplines, autant de régressions qui dénaturent la mission de l'école et contre lesquelles "Sauver Les Lettres" réclame une véritable instruction émancipatrice pour tous.
Enfin, à l'opposé des politiques qui s'inscrivent depuis le ministère Allègre dans un même projet de commercialisation de l'Éducation (projet conforme aux directives de la Commission de Bruxelles et donc aux préconisations de l'OCDE), "Sauver Les Lettres" lutte pour l'organisation d'un enseignement public et laïque de qualité sur l'ensemble du territoire.

 

- pour en savoir plus : le collectif "Sauver les Lettres"


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12 mai 2006

Tu viens d'incendier la Bibliothèque ? (Victor Hugo)


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Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?


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À qui la faute ?

Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?
- Oui.
J'ai mis le feu là.
- Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
Quoi! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d'oeuvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,
Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des jobs, debout sur l'horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,


Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d'esclave et plus de paria.
Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakspeare, ou Corneille
L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître
À mesure qu'il plonge en ton coeur plus avant,
Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur ; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l'homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un noeud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !
- Je ne sais pas lire.


Victor HUGO (juin 1871), L'année terrible, Poésie/Gallimard, 1985, p. 172-173.

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12 mai 2006

Réponse à Roland Goigoux

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M Goigoux ose affirmer que les 2/3 des élèves de 6e
sont "d'excellents lecteurs"...!! Cela en dit long sur le charlatanisme
des prétendues "sciences de l'éducation"


Réponse à M. Roland Goigoux,

professeur des universités à Clermont-Ferrand et

directeur d'un laboratoire de recherche sur l'enseignement

(4 septembre 2005)

Michel RENARD

Monsieur,
Vous affirmez, dans Libération du 2 septembre dernier, qu'en matière d'apprentissage de la lecture «la guerre des méthodes est finie».
Bel euphémisme pour ne pas reconnaître crûment le désastre des méthodes globales, et de tous leurs succédanés, qui a produit cet illettrisme que les professeurs du secondaire et les universitaires vérifient chaque année un peu plus.
Vous qualifiez d'«idéologique» l'attitude des partisans de la méthode syllabique. Ce n'est qu'un artifice rhétorique pour les prendre à front renversé.
Dans la réalité, ce sont bien les théoriciens des méthodes globales et du constructivisme pédagogique qui nagent en pleine idéologie. Les travaux «scientifiques» que vous invoquez n'ont rien de scientifique tout simplement parce que la pédagogie n'est pas une science, n'ayant ni œuvres ni auteurs majeurs, ni dispositif conceptuel «falsifiable» au sens poppérien. Et parce qu'elle affiche une insolente immunité à l'égard de l'expérience qui réduit à néant ses constructions arbitraires.
Votre propre ignorance de la réalité sourd de cette allégation ahurissante (!!!) : «À l'entrée au collège aujourd'hui, les deux tiers des élèves, ceux qui décrocheront le baccalauréat huit ans plus tard, sont d'excellents lecteurs qui accèdent à une compréhension fine des textes, sachant lire l'implicite entre les lignes».
Les statisticiens et "sociologues" de complaisance qui vous fournissent, n'en doutons-pas, les preuves de ce genre de propos, se déshonorent... mais ils disposent de postes à l'université et de crédits pour leurs laboratoires...
La
vérité à laquelle nous sommes confrontés, nous professeurs du secondaire, depuis plus de vingt ans est à l'exact opposé : les «excellents lecteurs» ne sont guère que deux ou trois par classe, peut-être donc 10 à 15% de l'effectif... et encore... La preuve en est également fournie au baccalauréat dont le niveau des épreuves ne cesse de baisser et les critères de notation de se relâcher pour permettre de recevoir ces candidats qui ne lisent pas et que l'école de la Nouvelle Pédagogie et des IUFM a désarmés intellectuellement.


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Michel Renard, professeur d'histoire, ayant enseigné du collège à l'université en Seine-Saint-Denis pendant 25 ans,
professeur au lycée  Claude Lebois à Saint-Chamond (Loire),
adhérent de l'association "Sauver les lettres",
4 septembre 2005



PS - Encore une remarque. C'est, contrairement à ce que vous dites, quand on est confronté à des élèves issus de milieux défavorisés que l'on se convainc de l'utilité de la méthode syllabique, car on sait que les familles n'auront pas les moyens de surmonter les errances et les échecs "néo-pédagogistes" de l'école.




Réponse de M. Roland Goigoux (5 septembre 2005)

Monsieur,
Pourquoi tant de mépris dans vos propos ? Pourquoi quelques professeurs de lycée continuent-ils à prendre tous les instituteurs pour des idiots et/ou des paresseux et/ou des lâches ? Si vos allégations relevaient d'un tel bon sens, comment se fait-il que 35 000 instituteurs procèdent autrement qu'à l'aide de la méthode Boscher ?

"Sauvez les lettres" est en train de se discréditer en soutenant des thèses aussi caricaturales que celles que vous reprenez ici et en les faisant porter par un instituteur, monsieur Le Bris, n'ayant jamais enseigné au cours préparatoire et peu crédible dans son propre milieu professionnel. Un débat qui m'opposait à lui l'an passé (dans les locaux du Monde de l'éducation) avait mis en lumière aux yeux des journalistes sa méconnaissance du sujet traité.

Il faut aller faire un tour dans les classes de cours préparatoire d'aujourd'hui, monsieur Renard : vous serez étonné de ce que vous y verrez !

Respectueusement,

Roland Goigoux



Nouvelle réponse à M. Roland Goigoux  (5 septembre 2005)

Monsieur,
Vous ne répondez à aucun de mes propos... C'est votre droit.

1) Par contre, il est trop simple de réduire une critique de l'enseignement désastreux de la langue française dans le primaire à des injures prétendument portées à l'encontre des instituteurs.
Contester un système (théories pédagogiques, programmes officiels, méthodes, manuels), ses organismes (INRP, IUFM, conseil des programmes, comités multiples) et ses agents ("chercheurs", théoriciens de la lecture, "didacticiens", inspecteurs...) n'est pas en mépriser les exécutants contraints.
Si il est une figure de l'école que je respecte profondément, ce sont bien les instituteurs, étant moi-même fils d'instituteur et d'institutrice, et ayant un arrière arrière-grand-père instituteur communal à Rom dans les Deux-Sèvres en 1840...!
Ce respect n'est pas seulement dû à un atavisme familial mais à un sentiment de solidarité entre collègues. Il n'y a, pour moi, aucune différence de mérite entre enseignants selon qu'ils exercent à tel ou tel étage de la machine scolaire.
Les instituteurs, cependant, ont moins de latitude que les professeurs du secondaire, à affranchir leur pratique des lubies pédagogistes. La contrainte du système est, malheureusement, plus lourde à l'école primaire. Si l'on avait respecté le principe de liberté pédagogique, les instituteurs auraient eu la faculté de choisir leurs "méthodes". Votre question prendrait alors un autre sens...

2) Ma critique portait sur votre appréciation du niveau de lecture à l'entrée en collège. Cela, je le connais bien... Il n'y a pas un professeur de collège qui ne sursautera en apprenant que les deux tiers des élèves de 6e sont «d'excellents lecteurs», capables de discerner l'implicite d'un texte...! Ce constat est totalement farfelu, pardonnez ma franchise. Elle est à la mesure de la détresse qui, sauf exception, s'empare des élèves de 6e lorsqu'ils doivent lire et comprendre les documents d'un manuel ou l'énoncé d'un exercice.
Je vous renvoie le conseil : il faudrait aller faire un tour dans les classes de collège d'aujourd'hui, Monsieur Goigoux, vous seriez étonné de ce que vous y verriez !

Tout aussi respectueusement.

Michel Renard

PS - Je laisse à leur turpitude les journalistes du Monde de l'Éducation qui méprisent l'école de la transmission des savoirs et qui frétillent depuis plus de vingt ans à l'énoncé de la novlangue pédagogiste comme aux incessantes réformes qui désintègrent l'école républicaine.


le site de Roland Goigoux : http://www.auvergne.iuf...R/rgoigoux/rgoigoux.htm


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On finit par se demander comment les générations d'avant la "Nouvelle Pédagogie"
et d'avant les méthodes "globales" ont-elles appris à lire ?
Aux yeux des "sciences de l'éducation", ces enfants n'auraient pas accédé au "sens"...


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Marc Le Bris,
Et vos enfants ne sauront pas lire... ni compter !,
éd. Stock, 2004



11 mai 2006

Lettrer le peuple, c'est le civiliser (Victor Hugo)

 


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multipliez les chemins qui mènent à l'intelligence


Lettrer le peuple, c'est le civiliser

Victor HUGO


Les droits politiques, les fonctions de juré, d'électeur et de garde national entrent évidemment dans la constitution normale de tout membre de la cité. Tout homme du peuple est, a priori, homme de la cité.
Cependant les droits politiques doivent, évidemment aussi sommeiller dans l'individu jusqu'à ce que l'individu sache clairement ce que c'est que des droits politiques, ce que cela signifie et ce qu'on en fait. Pour exercer, il faut comprendre. En bonne logique, l'intelligence de la chose doit toujours précéder l'action sur la chose.
Il faut donc, on ne saurait trop insister sur ce point, éclairer le peuple pour pouvoir le constituer un jour. Et c'est un devoir sacré pour les gouvernants de se hâter de répandre la lumière dans ces masses obscures où le droit définitif repose. Tout tuteur honnête presse l'émancipation de son pupille. Multipliez donc les chemins qui mènent à l'intelligence, à la science, à l'aptitude. La Chambre, j'ai presque dit le trône, doit être le dernier échelon d'une échelle dont le premier échelon est une école.
Et puis, instruire le peuple, c'est l'améliorer ; éclairer le peuple, c'est le moraliser ; lettrer le peuple, c'est le civiliser. Toute brutalité se fond au feu doux des bonnes lectures quotidiennes. Humaniores litterae. Il faut donc faire au peuple ses humanités.
Ne demandez pas de droits pour le peuple tant que le peuple demandera des têtes.

Victor HUGO, décembre 1830, Choses vues,
Quarto-Gallimard, 2002, p. 69-70.

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Victor Hugo en 1829, par Devéria


bibliographie

- Choses vues, Quarto-Gallimard, 20022070763919.08.lzzzzzzz

- Choses vues, 1830-1848, Folio, 1997

2070402169.08.lzzzzzzz
















* première édition : recuerdo

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