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Pour que Victor Hugo "parle" aux lycéens d'aujourd'hui,
encore aurait-il fallu ne pas sacrifier l'apprentissage
de la langue française et des humanités...!





Réponse à Pierre Madiot,

rédacteur en chef

des "Cahiers-pédagogiques"

Michel RENARD




Monsieurmadiot
Dans votre laborieuse tentative de défendre ce qui a échoué (la "pédagogie variée et différenciée")*, je ne retiens qu'une affirmation qui montre que vous avez renoncé à toute définition exigeante des finalités de l'école.
Vous écrivez :
- "un texte du XIXe siècle parle peu à des élèves de seconde et (...) cette difficulté augmente aussi vite que se creuse l'écart entre Alphonse Daudet et les nouvelles générations".

Quelle découverte...! Mais quelle est donc la mission de l'école sinon de travailler à réduire cet écart ? Il n'est pas surprenant qu'un texte du XIXe siècle "parle peu" à des élèves de Seconde... surtout, quand les horaires de l'enseignement du Français ont diminué de moitié en l'espace de trente ans.
Et que tout a été fait pour priver les élèves des méthodes intellectuelles (parmi lesquelles la mémorisation, l'apprentissage explicite de la grammaire, de la conjugaison et de l'orthographe...) et des références culturelles permettant d'accéder aux "humanités".
Le rôle d'une école de la culture, qui s'oppose aux capitulations programmées par "l'école de la pédagogie", est précisément de parvenir à ce que les textes du XIXe siècle "parlent" aux élèves du collège et du lycée. Si vous refusez cet horizon culturel, continuez à faire de la pédagogie si cela vous chante, mais veillez à en préserver l'école...!

Michel Renard, professeur d'Histoire
au lycée de Saint-Chamond (Loire),
après avoir enseigné pendant 25 ans en Seine-Saint-Denis
et combattu tout aussi longtemps les horreurs du pédagogisme



* texte de Pierre Madiot